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Climat & transition énergétique : l’heure des choix

le Jeu 15 Nov - 13:20
Rappelons d’abord que la France dispose d’une électricité largement « décarbonée ». Certes, nous avons encore quatre centrales à charbon, source d’énergie particulièrement néfaste pour le climat, mais leur fermeture, déjà actée dans la précédente PPE de 2016, a été confirmée par Emmanuel Macron pour 2022. Si l’arrêt de ces centrales est un signal important, son impact sur le dérèglement climatique sera néanmoins marginal. Elles sont responsables de moins de 2 % des émissions de gaz à effet de serre françaises.

L’essentiel du parc français de production d’électricité ne fonctionne pas avec des énergies fossiles et les émissions de gaz à effet de serre de la production d’électricité en France métropolitaine ne représentent que 5 % environ des émissions nationales. Ce n’est donc pas la lutte contre le dérèglement climatique qui est en jeu dans l’évolution de notre système électrique – même si la réduction de ces émissions, comme celles des autres secteurs est à poursuivre, mais la capacité à produire une électricité correspondant à une demande maîtrisée et dans les meilleures conditions économiques, sociales et environnementales, y compris en termes de développement territorial et industriel.

Ainsi, les Français sont placés devant un choix : prolonger les centrales nucléaires, voire relancer un programme nucléaire ou donner la priorité à la maîtrise des consommations d’électricité et au développement des énergies renouvelables.

   Les coûts du nucléaire se révèlent de plus en plus élevés

   La France a laissé passé des opportunités industrielles dans les énergies renouvelables

En face, les énergies renouvelables, dont les coûts ne cesses de baisser et qui permettent aux acteurs des territoires de trouver de nouveaux débouchés et de créer des emplois. Emmanuel Macron, qui s’est fait le défenseur de l’esprit start-up et des filières d’avenir, devrait être le champion d’une transformation du système électrique français pour y mettre plus d’agilité, d’intelligence, de résilience et de modernité. Mais c’est compter sans le poids d’EDF et sa capacité à freiner tout changement.

La France, engluée dans son choix historique du tout nucléaire, a laissé passer des opportunités industrielles dans les énergies renouvelables et peine à soutenir ses industries de l’efficacité énergétique. Ainsi, alors même que notre pays dispose de vaste côtes, nous avons pris un retard considérable sur nos voisins pour l’éolien en mer et les usines se sont installées en Allemagne. Ne pas faire le choix clair de l’efficacité énergétique, qui nous permettra notamment de réduire les pics de consommation hivernaux et l’importation d’électricité d’origine fossile pour alimenter les radiateurs électriques des logements mal isolés, et celui des énergies renouvelables, c’est mettre le pays devant le fait accompli d’une prolongation du nucléaire.

Chronique toujours intéressante. 2 points d'achoppement les BioGNV dont on connait la provenance sur terre agricole

Transports, bâtiments, industrie… Les petits pas ne suffiront pas
Venons-en maintenant au dérèglement climatique. Si l’électricité est peu concernée en France, les secteurs les plus émetteurs de gaz à effet de serre, d’abord les transports, puis le bâtiment, l’agriculture et l’industrie, devront être profondément transformés. Le dernier rapport du GIEC est très clair : les petits pas ne suffiront pas à nous éviter un dérèglement climatique dont les conséquences seraient catastrophiques.

La sortie des énergies fossiles, ainsi que la baisse des gaz à effet de serre moins connus que le CO2, mais ayant néanmoins un impact fort, à commencer par le méthane, doivent être engagées le plus rapidement possible. Cela aura des bénéfices pour le climat, mais aussi en termes d’emplois et de santé. Une étude de l’ADEME l’a confirmé : les Français sont prêts à des changements importants dans leurs modes de vie, à condition que ces changements soient partagés de façon juste entre tous les membres de la société.

Alors que la France a dépassé ses budgets carbone, c’est à dire les plafonds d’émissions de gaz à effet de serre qu’elle s’était fixés, en 2016 et 2017 et que ces dépassements pourraient perdurer jusqu’à 2023 si nous ne changeons pas de trajectoire, des mesures structurantes, ayant un réel impact en termes de baisse des émissions de gaz à effet de serre doivent être engagées sans attendre. La crédibilité du chef de l’Etat et celle de la France sont en jeu. Quel élan notre pays pourrait-il donner pour engager d’autres Etats sur la même voie s’il n’était pas lui-même exemplaire ?

   Il faut mettre un terme aux avantages fiscaux dont bénéficie la route

Commençons par les transports, responsables à eux seuls de près de 30 % des émissions de gaz à effet de serre nationales. Se libérer des énergies fossiles dans ce secteur est non seulement possible, mais également souhaitable pour retrouver un air respirable et sain. Les véhicules électriques ou au bioGnV prendront en partie le relais des motorisations essence ou diesel. D’autres formes de mobilité, comme le vélo, le covoiturage ou les transports en commun se développeront, avec un aménagement des infrastructures.

Des mobilités « contraintes », en particulier liées aux trajets domicile-travail, seront réduites via le télétravail par exemple. Néanmoins, la mise en place de ces alternatives nécessite que l’Etat fixe un cap clairement pour sortir du tout routier et des énergies fossiles. Le transport routier représente plus de 88 % du transport de marchandises en France et à lui seul plus d’un tiers des émissions de gaz à effet de serre des transports. Alors que l’activité de transport routier de marchandises est repartie à la hausse depuis 2012, les alternatives moins polluantes comme le transport ferroviaire et le fluvial perdent du terrain.

L’absence de justice fiscale dans ce secteur explique cette situation. En effet, le transport ferroviaire et fluvial subissent la concurrence déloyale du camion, seul mode de transport ne payant pas de redevance pour l’usage de son infrastructure, la route. De plus, les transporteurs routiers bénéficient d’un remboursement croissant des taxes sur le diesel, s’élevant à plus d’un milliard d’euros en 20183. Mettre un terme à ces avantages fiscaux au transport routier est urgent afin d’encourager un report modal vers le fret ferroviaire et fluvial et de développer les motorisations des camions alternatives au diesel. La question de la relocalisation de nos productions devra également être posée.

   L’Etat doit encourager les rénovations performantes et pas uniquement le changement d’énergie pour le chauffage

Autre secteur très impactant pour le climat : le bâtiment où la consommation d’énergie, notamment d’origine fossile, a des effets directs sur les gaz à effet de serre. Logements mal isolés, factures de chauffage qui s’envolent, les dégâts ne sont pas seulement environnementaux, mais également sociaux avec un nombre croissant de ménages ayant du mal à se chauffer correctement. Si le gouvernement envisage de renforcer les aides au remplacement des chaudières au fioul par un autre mode de chauffage, il est important de considérer la question dans son ensemble.

Est-il bénéfique pour les ménages de passer au chauffage électrique dont on sait qu’il est le plus coûteux et qu’il crée des pics de consommation en fin de journée en hiver ? Faut-il installer un chauffage au bois ou une pompe à chaleur dans un logement mal isolé ? Le résultat risque d’être décevant et la facture des ménages n’en sera pas réduite.

L’Etat doit encourager les rénovations performantes et pas uniquement le changement d’énergie pour le chauffage, afin de réduire durablement les factures d’énergie des ménages, en particulier pour les plus précaires. Ainsi, pour inciter les propriétaires des passoires énergétiques à engager des travaux de rénovation des logements qu’ils louent, le critère de performance énergétique doit être revu dans le décret définissant la décence des logements.
N’oublions pas l’agriculture

Il ne faut pas oublier l’agriculture, secteur particulier où les gaz à effet de serre sont spécifiques : méthane produit par les ruminants, protoxyde d’azote lié à l’usage des engrais azotés. La hausse de la consommation de viande dans le monde met en péril les efforts réalisés pour réduire les émissions de CO2. En France, la consommation de viande diminue depuis quelques années, suite à des scandales sanitaires ou à une préoccupation grandissante pour le bien-être animal.

   Fixer un cadre encourageant le rééquilibrage de l’alimentation en faveur des protéines végétales au travers d’une baisse de la consommation de protéines animales devrait donc être une priorité de l’Etat

La baisse de la consommation de protéines animales, outre son intérêt pour le climat, a également des bénéfices pour la santé. Fixer un cadre encourageant le rééquilibrage de l’alimentation en faveur des protéines végétales au travers d’une baisse de la consommation de protéines animales dans les recommandations devrait donc être une priorité de l’Etat dans le Plan national nutrition santé qui sera renouvelé en janvier 2019.
L’heure des choix

Nous l’avons vu, le chef de l’Etat est maintenant à l’heure des choix. Va t-il privilégier les économies d’énergies et les énergies renouvelables ou poursuivre dans la voie sans issue du nucléaire, sous le faux prétexte du climat ?

Pour lutter réellement contre le dérèglement climatique, va t-il supprimer progressivement les niches fiscales du transport routier de marchandises et investir dans les solutions de transports plus durables pour tous, encourager un rééquilibrage de l’alimentation au profit de la consommation de protéines végétales et inciter à la rénovation performantes des logements, en particulier pour les ménages les plus précaires ?

Le Réseau Action Climat appelle Emmanuel Macron à entendre les appels des scientifiques et des citoyens et à engager sans attendre les transitions qui seront bénéfiques pour le climat, mais aussi pour la santé et les emplois.

Source : https://www.alternatives-economiques.fr/anne-bringault/climat-transition-energetique-lheure-choix/00086884?fbclid=IwAR2UlRm5nugt7f8NeDUOe5-lHfxPsaMSw397TXTMrrE-xiV_oLzyCoK0sLM
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Re: Climat & transition énergétique : l’heure des choix

le Ven 7 Déc - 9:57
Le pacte Finance-climat a de l’écho en Bretagne

L'économiste Pierre Larrouturou et le spécialiste du climat, Jean Jouzel, sont à l'origine du pacte Finance-climat.



Un budget européen de mille milliards pour lutter contre le réchauffement climatique. C’est le projet du pacte Finance-climat européen lancé notamment par l’économiste Pierre Larrouturou et le spécialiste du climat Jean Jouzel. Il est relayé en Bretagne, comme ailleurs, par des élus et des communes. Le collectif qui le porte espère qu’il sera mis à l’ordre du jour du prochain Conseil européen du 13 décembre.

Pas trop mécontent Jacques Pinchard, le référent pour la Bretagne de ce projet de pacte Finance-climat. Les signatures arrivent pour soutenir ce budget de mille milliards qui serait affecté à la lutte contre le réchauffement climatique à l’échelle de l’Europe.

Irréaliste ? Jacques Pinchard rappelle les 2500 milliards dégagés par la Banque centrale européenne pour relancer la croissance en Europe mais qui ont, explique le collectif qui soutient le pacte, surtout servi à la spéculation. Et pour financer ce budget, Jacques Pinchard reprend l’un des arguments majeurs du pacte : « Il est impérieux que l’argent de la Banque centrale d’investissement soit fléché vers l’économie concrète compatible avec le climat, et que l’Europe se dote d’un vrai budget issu d’un impôt européen sur les bénéfices des entreprises. »
Des réformes sans tarder

De quoi financer ensuite des travaux d’isolation pour les particuliers, assurer le développement des énergies renouvelables ou concevoir de nouvelles politiques d’urbanisme qui ne soient pas focalisées sur la voiture.

Ce projet de pacte Finance-climat a été lancé il y a un an. L’enjeu, c’est aussi de le relayer. Et l’espoir de ses promoteurs, c’est que, dans quelques jours, le prochain Conseil européen, le 13 décembre, s’en saisisse.

En France, quelque 180 parlementaires ont signé cet appel pour le pacte. Ils sont pour l’instant 23 en Bretagne, ainsi que des anciens ministres (Pierre Méhaignerie, Marylise Lebranchu) et aussi des villes et communes (Chartres-de-Bretagne, Langonnet, Lorient, Hennebont, Janzé ou bien Séné).

« Ce sont les spécialistes qui le disent : il faut engager des réformes profondes d’ici trois à quatre ans », poursuit Jacques Pinchard. En attendant, il invite tout un chacun à quelque chose qui ne coûte pas cher du tout : participer aux marches pour le climat qui ont lieu ce week-end en Bretagne à Rennes, Saint-Malo, Saint-Brieuc, Lannion, Morlaix, Brest, Quimper, Concarneau, Lorient et Vannes.


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Re: Climat & transition énergétique : l’heure des choix

le Ven 7 Déc - 10:44
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Re: Climat & transition énergétique : l’heure des choix

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