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Urgence climatique: quels défis relever pour passer à la vitesse supérieure? Empty Urgence climatique: quels défis relever pour passer à la vitesse supérieure?

le Lun 29 Oct - 13:55
Le succès des marches pour le climat de ce samedi 13 octobre ouvre une nouvelle phase : le mouvement « climat » s'enracine et montre qu'il est capable de durer dans le temps et de ne pas se limiter à des coups d'éclat. L'inquiétude générée par les évènements climatiques extrêmes de l'été et l'émotion suscitée par la démission de Nicolas Hulot, qui pouvaient expliquer les défilés très fournis du 8 septembre dernier, ne suffisent plus pour rendre compte d'une mobilisation qui s'inscrit dans la durée : réunir 120 000 personnes dans 86 villes et villages transcrit dans l'espace public un besoin et une envie d'engagement collectif jusqu'ici jamais constaté en matière d'urgence climatique. C'est aussi l'espoir d'embarquer des millions de personnes et de bousculer « le système » qui s'exprime ici. C'est nouveau. C'est précieux. Celles et ceux qui contribuent, facilitent, aident, encouragent, soutiennent ce mouvement citoyen doivent donc être à la hauteur de cette espérance.

Manifestation 13 octobre à Paris Manifestation 13 octobre à Paris
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Revenons d'abord sur les dix enseignements à tirer de la séquence que nous venons de vivre, qui s'étend de l'été caniculaire à la publication du rapport du GIEC, en passant par la démission de Nicolas Hulot et l'ampleur – inédite – de la mobilisation citoyenne :

-  le réchauffement climatique se conjugue au présent et ici, pas (uniquement) au futur et ailleurs ;
- il n'y a pas plus de sauveur de l'humanité que de solution miracle ;
-  la stratégie des « petits pas » des pouvoirs publics ne fonctionne pas et elle est discréditée aux yeux de l'opinion ;
-  il n'y a pas de politique climatique à la hauteur des enjeux dans un cadre néolibéral, productiviste, consumériste et croissantiste ;
-  le sérieux a changé de camp : affirmer qu'il faut transformer profondément notre système économique et social ne fait plus sourire, c'est devenu un passage obligé ;
-  la dissonance entre les discours des décideurs politiques et économiques, toujours plus verts, et leurs décisions, qui ne le sont que trop rarement, n'a jamais été si grande et si bien perçue par l'opinion publique ;
- contenir le réchauffement climatique en-deçà de 1,5°C est encore possible au prix de « profondes réductions d'émissions dans tous les secteurs » ;
-  si les impacts sur les milieux naturels et les populations varient fortement entre 1,5°C et 2°C de réchauffement, les solutions à mettre en œuvre sont identiques ; seule l'intensité et la rapidité d'application varient (autrement dit, quand on rate son arrêt de bus, on n'attend pas le terminus pour descendre, mais on descend à l'arrêt suivant)
- nous sommes bien plus nombreux à être prêts à nous mobiliser durablement et avec détermination que beaucoup d'observateurs ne l'affirmaient ;
- la participation aux manifestations et l'intérêt observé sur les réseaux sociaux se transcrivent dans une très forte demande d'actions et mobilisations concrètes, allant de la généralisation des petits gestes individuels à des actions plus engagées de désobéissance civile ;

Ces 10 enseignements sont autant de clarifications que nous devons exprimer, expliciter et défendre. Ce ne sont pas des acquis : ils peuvent être très éphémères en cas d'incapacité collective à faire vivre, renforcer et étendre ce mouvement citoyen sur le climat.

Plusieurs défis à relever


Prendre au sérieux l'urgence climatique c'est reconnaître l'étendue de la tâche et la nécessaire humilité individuelle et collective qui doit en découler. Qui plus est alors que les pouvoirs publics démontrent une fois de plus leur incapacité à se placer à la hauteur des enjeux : en guise de réaction au rapport du Giec, Emmanuel Macron s'est contenté d'un seul tweet renvoyant la responsabilité à autrui tandis que François de Rugy, en visite au salon de l'auto le jour de la publication du rapport, s'est fendu d'une série de tweets pour (mal)défendre le bilan du gouvernement en la matière.

Disons-le autrement : un rapide coup d'oeil dans le rétro vous fera constater le silence assourdissant des grands leaders politiques et économiques du monde suite à la publication du rapport du GIEC alors que la presse, les ONG et les militant.e.s du climat s'en sont saisis comme il se doit. A se focaliser sur le dixième de point de croissance à obtenir, les leaders de ce monde n'ont qu'une indifférence à peine gênée comme réponse à proposer à l'opinion publique.

De ce constat découle une réalité crue, à la fois dure et indigeste : ni l'ONU, ni l'UE – incapable de revoir ses objectifs climatiques à la hausse – ni Emmanuel Macron ne vont se saisir du rapport du GIEC pour proposer un plan d'urgence pour le climat. Autrement dit, les superbes manifestations des 8 septembre et 13 octobre ne suffiront pas pour obtenir les décisions visionnaires et courageuses dont nous avons besoin. Un rapport de force autrement plus puissant est nécessaire. Il en découle trois défis majeurs pour toutes celles et ceux convaincus de l'urgence à agir.

Un défi stratégique


Le premier défi est d'ordre stratégique : un mouvement s'entretient et se développe par des victoires. Compte-tenu du rapport de force dégradé et de l'inertie des pouvoirs publics, même de petites victoires sont bonnes à prendre. Car si les petits pas gouvernementaux sont à proscrire, il n'en est pas de même d'un mouvement pérenne et dynamique qui se nourrit justement de victoires à sa portée, lui permettant d'emmagasiner de la force et de maintenir son attrait vis-à-vis de l'extérieur. Avant même de discuter de prochaines dates de mobilisations et des formes qu'elles pourraient prendre, il paraît donc nécessaire de s'accorder sur quelques cibles prioritaires et gagnables.

Dans un mouvement citoyen qui émerge, les organisations de la société civile peuvent justement servir d'aiguillon. C'est d'ailleurs ce que fait le site Ilestencoretemps.fr qui regroupe les campagnes de nombreuses associations et ONG. Citons celle d'Attac France et 350.org qui a la force de l'évidence : les 24 millions de détenteurs d'un Livret de développement durable et solidaire (LDDS) sont légitimes à exiger que pas un euro de leur épargne n'aille à des entreprises qui détruisent la planète. Ou celle des Amis de la Terre qui cible les banques privées comme la Société générale. Ou encore la mobilisation en cours pour stopper le projet d'extraction aurifère en Guyane. Gagner sur l'une ou l'autre de ces mobilisations – ou toutes – sans perdre de vue un horizon plus global et systémique, serait de nature à nourrir et développer dans le temps ce mouvement citoyen sur le climat.

Campagne pour exlure les activités nocives du financement par l'épargne du LDDS Campagne pour exlure les activités nocives du financement par l'épargne du LDDS

Un défi organisationnel

Le second défi est d'ordre organisationnel et pose une question de taille aux ONG, associations et organisations existantes : que sont-elles prêtes à mettre au pot commun pour soutenir et développer ce mouvement citoyen ? Prendre au sérieux l'urgence climatique et les transformations à opérer indique tout de suite l'ampleur de la tâche : il ne s'agit plus de défendre son pré carré médiatique ou politique mais de se mettre au service d'une mobilisation citoyenne qui nous dépasse. Cela ne veut pas dire que les organisations doivent disparaître : leur rôle est fondamental par leur capacité à s’inscrire dans le temps long et à dégager des ressources pour le faire. Mais la question est ici de savoir si les ONG vont savoir se réinventer au service d'une cause qui dépasse chacune d'entre elle.

Disons-le autrement : là où les syndicats – quelle que soit l'appréciation que l'on peut avoir de leur action et de ce qu'ils sont et/ou sont devenus – ont été outillés pour être présents sur un maximum de terrains (site de production, entreprise, branche, interprofession, etc), pour former et encadrer des centaines de milliers de membres et pour construire et faire durer des mobilisations de masse sur des temps longs, les ONG ont, elles, été principalement outillées pour récolter des dons, développer une expertise citoyenne et déployer une communication grand public au service d'un plaidoyer politique auprès des institutions. Pour débloquer, nourrir et déployer la transition écologique, nous avons besoin de tout autre chose. Par exemple, aucune organisation n'est outillée pour former et encadrer les centaines de milliers de personnes nécessaires afin d'insuffler des mobilisations et pratiques de transition, du local au global, en milieu rural et urbain, dans les entreprises et les institutions, etc. C'est pourtant décisif pour la suite.

Un mouvement citoyen ne peut perdurer dans le temps, se renforcer et s'étendre au plus profond de la société qu'en étant porteur d'un récit qui fait sens, dessinant un futur à la fois viable et enviable, en un mot désirable. En l'occurrence, il doit ici être capable de susciter un niveau d'engagement individuel et collectif rarement atteint dans l'histoire de l'humanité. Transformer les soubassements énergétiques de notre formidable machine à réchauffer la planète qu'est l'économie mondiale n'est pas une mince affaire : se limiter à la mobilisation de savoirs techniques ou à la juxtaposition de dates de mobilisation et de campagnes à mener, aussi essentiels soient-ils, ne sont pas suffisants pour donner du sens à la transition désirée.

Une partie de cet immense défi consiste à donner du sens à l'engagement de chacun.e. On le voit quotidiennement : beaucoup s'engagent aujourd'hui après avoir changé leur mode alimentaire (bio, local, réduction de sa consommation, etc) ou leur pratique quotidienne (se déplacer en vélo, etc). Loin d'être un frein à l'engagement collectif, ces actions individuelles peuvent en être un des moteurs. Pendant longtemps, on a opposé les engagements individuels aux engagements collectifs, les premiers étant supposés naïfs et insuffisants d'un côté quand les seconds étaient jugés illusoires et déconnectés de la réalité des gens. De ce point de vue, nous avons beaucoup à apprendre du mouvement féministe, de son histoire, de ses victoires et de ses échecs, pour réarticuler avec sérénité et détermination, plutôt que les opposer, les petits gestes de la vie quotidienne avec les mobilisations collectives.

Autre enjeu politique majeur jusqu'ici insuffisamment pris en charge par le mouvement climat ainsi que par les ONG et associations engagées : qu'à termes, nos manifestations pour le climat soient bien plus diversifiées d'un point de vue social. Ce n'est pas qu'un vœu pieux. La Marche pour le climat organisée à New York en 2014, qui a réuni plus de 400 000 personnes, était composé majoritairement de communautés noires, latino et indigènes, notamment impactées pas des projets nocifs dans leurs quartiers ou sur leurs territoires. Ce travail a été entrepris en France en amont de la COP21 en vue de la grande manifestation qui a finalement été interdite par François Hollande. Il est urgent de le reprendre : les populations les plus affectées – et les moins outillées pour y faire face – par les pollutions et le mal-développement doivent être au cœur de cette stratégie politique et nous devons collectivement nous atteler à mieux identifier les inégalités environnementales dans notre pays, pour mieux les combattre.

Marche pour le climat - septembre 2014 - New-York Marche pour le climat - septembre 2014 - New-York

Dernier aspect de ce défi politique : l'articulation du local et du global. Le mouvement Alternatiba, et les nombreux villages organisés depuis cinq ans, ont montré la diversité des mesures et propositions alternatives qui peuvent être mises en œuvre à un niveau local, sans attendre. En même temps, le nombre limité de communes portant des projets territoriaux réellement alternatifs illustrent les difficultés et les verrous qu'il faut lever, souvent parce que les réglementations nationales ou internationales ne sont pas adaptées. C'est un des axes à développer : utiliser les interstices du système politique et économique tel qu'il existe pour déployer des alternatives locales, tout en faisant s'appuyant sur elles pour faire évoluer les réglementations qui empêchent leur généralisation.

Disons-le autrement : en 2013, Alternatiba appelait à construire 10, 100, 1000 Alternatiba pour donner à voir les alternatives et résistances locales. N'est-il pas temps d'appeler à 10, 100, 1000 projets territoriaux alternatifs afin de déployer des mesures alternatives et construire le rapport de force nécessaire à leur généralisation ? Pas pour nous replier sur des confettis territoriaux « soutenables » mais comme un moyen supplémentaire pour peser sur la transformation des politiques nationales et internationales : oeuvrons, par exemple, au 100 % Bio et Local dans la restauration collective de nos territoires tout en bataillant pour obtenir l'abandon des règles de passation des marchés publics qui restreignent cette possibilité dans les traités internationaux et européens.

« Si nous ne faisons pas l'impossible, nous devrons faire face à l'impensable ! », écrivait Murray Bookchin en 1982, dans The Ecology of freedom. Chaque jour qui passe renforce cette exigence.

Maxime Combes, économiste et auteur de Sortons de l'âge des fossiles ! Manifeste pour la transition, Seuil, Anthropocène, 2015.
Urgence climatique: quels défis relever pour passer à la vitesse supérieure? Combes_8_dec_v_1

Source https://blogs.mediapart.fr/maxime-combes/blog/151018/urgence-climatique-quels-defis-relever-pour-passer-la-vitesse-superieure
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le Mer 14 Nov - 17:23
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le Mer 14 Nov - 17:29
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le Dim 18 Nov - 14:01
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le Lun 19 Nov - 9:02
« Effort de guerre »

L’effort à fournir est monstrueux. Si l’on veut espérer limiter le réchauffement climatique à 1,5°C - ce qui semble largement compromis mais reste préconisé par les scientifiques pour éviter un emballement incontrôlable du climat - il faudrait avoir diminué de 45 % nos émissions de CO2 d’ici 2030.

Un virage aussi massif et rapide ne pourrait être pris qu’en mobilisant l’ensemble de la société et en mobilisant toutes les énergies de la société. Le genre d’exploits qui n’a été accompli que peu de fois par le passé : pendant les deux guerres mondiales.

   « Mobiliser toutes nos forces, humaines, financières, organisationnelles, technologiques et scientifiques »


Ce recours à l’imaginaire mobilisateur, bien que particulièrement négatif, de la guerre est de plus en plus utilisé par les défenseurs du climat. « Il faudrait un tel changement que beaucoup nous disent que c’est infaisable. Je le répète : c’est possible ! Il s’agit de réagir comme si nous nous trouvions en état de guerre », plaide ainsi dans Reporterre Txetx Etcheverry, membre d’Alternatiba. Depuis le Brésil, et dès 2014, le chercheur Antonio Donato Nobre appelait à un nécessaire « effort de guerre » pour sauver la forêt amazonienne.

Côté politique aussi, Alain Coulombel, secrétaire national adjoint d’Europe Ecologie - Les Verts, invoquait en août l’urgence de mobiliser « toutes nos forces, humaines, financières, organisationnelles, technologiques et scientifiques » contre le changement climatique, « comme dans une économie en guerre ».
Accord de Paris, accords de Munich ?

Outre-atlantique, The New Republic allait même plus loin en 2016 sous la plume de Bill McKibben, « star des écologistes » et co-fondateur de 350.org. « Le changement climatique ne “ressemble” pas à une guerre mondiale. “C’est” une guerre mondiale. Et nous sommes en train de la perdre », assène-t-il.

Slalomant habilement entre les points Godwin, il compare le triomphalisme des signataires de l’accord de Paris sur le climat à celui de Chamberlain et Daladier ravis d’avoir « sauvé la paix » en signant les accords de Munich en 1938. Imaginer que sauver le monde peut être indolore était une illusion à l’époque comme cela l’est aujourd’hui.

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Tous les critères d’une vraie guerre sont là, écrit McKibben : « Le carbone et le méthane s’emparent physiquement du territoire, semant le chaos et la panique, accumulant les victimes et déstabilisant même les gouvernements. (Ces dernières années, des sécheresses record ont contribué à saper l’autorité de l'homme fort de la Syrie et à alimenter la montée en puissance de Boko Haram au Nigeria.) »

La comparaison n’a rien de galvaudée, si l’on se fie au rapport de l’association humanité Dara publiée en 2012 : 5 millions de morts seraient dus chaque année à des pollutions, famines et maladies liées au changement climatique. Selon l’ONU, les pertes économiques liées aux catastrophes climatiques auraient, elles, explosé de 151 % en 20 ans.

Rendre acceptable l’extraordinaire

Dirigisme étatique, mobilisation des moyens de production et des travailleurs : la recette de l’effort de guerre, et notamment celle appliquée par les États-Unis durant la seconde guerre mondiale, a produit de véritables miracles. « Entre 1939 et 1943, la production de locomotives est multipliée par huit, celle d’aluminium - métal de base dans l’aéronautique - par cinq », explique Alternatives Economiques. Plus de 2 700 cargos « Liberty ship » sont produits en urgence. Les experts du gouvernement prévoyait que chaque navire soit construit en 6 mois ; Henry Kaiser réduit ce délai à… 12 jours, raconte l’article.

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Cerise sur le gâteau, cet effort de guerre a profité au pouvoir d’achat des ouvriers qui aurait augmenté de 30 % à 60 % durant le conflit. Et il n’a pas nui à la démocratie qui a continué de fonctionner normalement, avec des Midterms favorables à l’opposition en 1942 et la réélection de Roosevelt en 1944.

L’effort de guerre semble aussi capable de rendre acceptable les bouleversements culturels. Nous devons ainsi à la première guerre mondiale en France l’instauration de l’impôt sur le revenu. Celui-ci pourtant, « ne correspondait pas aux moeurs des Français », selon le président de la République Adolphe Thiers. Mais après un premier échec en 1907, il finit par être accepté au nom de l’effort « patriotique », explique Joëlle Porcher à 20 Minutes.
« Conseil naturel de la Résilience »

Si elle peut inspirer une mobilisation citoyenne, la mémoire de la guerre a aussi le mérite de rappeler que celle-ci n’est utile qu’avec l’engagement total et conjoint des entreprises et de l’Etat. L’après-guerre peut aussi à ce titre donner quelques idées : certains appellent à lever un véritable « Plan Marshall » pour la transition écologique et l’Europe tandis que Pablo Servigne, Raphaël Stevens et Gauthier Chapelle proposent « la création d’un nouveau Conseil national de la Résistance (CNR) rebaptisé Conseil naturel de la Résilience », dans leur ouvrage Une autre fin du monde est possible (Seuil, 2018).

Les chefs de file de la collapsologie en profitent pour rappeler que la transition doit d’abord être intérieure mais filent la métaphore de la résistance en imaginant « l’émergence d’un véritable réseau de résistance décentralisé qui saperait les puissances destructrices, et organiserait des incursions en “zone occupée”, tout en défendant des territoires de repli situés en “zone libre” ».

Reste un obstacle majeur pour mobiliser la rhétorique de « l’effort de guerre » : celle-ci fédère sur la certitude absolue de l’intérêt convergent de tous les acteurs de la nation. Précisément ce qui fait défaut aujourd’hui alors que les « gilets jaunes » se rassemblent sur le sentiment d’injustice fiscale. Avant de démissionner en dénonçant les « pressions du court terme », Nicolas Hulot avait été le premier à lier en un même ministère les termes de transition « écologique » et « solidaire ». Les deux restent à accomplir. De toute urgence.

Plus d'info :
https://usbeketrica.com/article/carburants-faut-il-consentir-a-un-effort-de-guerre-climatique?fbclid=IwAR3B04ap1nJtZEN_LomlVNevXQIcMOES_6uDRnR2FKPga8RbdtF6RO-slxw
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