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Paysages résilients. Approche systémique du territoire post-effondrement. Empty Paysages résilients. Approche systémique du territoire post-effondrement.

le Dim 11 Nov - 21:14
Paysages résilients. Approche systémique du territoire post-effondrement.
C'est un Mémoire de fin d’études "Master d’architecte paysagiste en dépôt" MatheO, merci de respecter le droit d'auteur de Pierre Lacroix.
Pour ceux qui veulent tout de suite découvrir les recommandations issues de ce travail allez page 89.
https://matheo.uliege.be/bitstream/2268.2/3104/3/Pierre%20Lacroix%20PAYSAGES%20RESILIENTS%202017.pdf

Mémoire de fin d’études présenté en août 2017, ce travail partiellement réalisé en bande dessinée propose une visite guidée dans un futur post-effondrement, afin de lancer des pistes de réflexion autour des dynamiques de résilience territoriale.

Résumé

Aujourd’hui, l’accélération des crises environnementales, sociales et économiques permet de dégager une certitude : notre avenir n’est pas linéaire. Une hypothèse désormais réaliste est celle d’un effondrement systémique global dans les prochaines années. Sur base de cette hypothèse, par une approche globale et interdisciplinaire, ce travail tente de modéliser un scénario de résiliences territoriales. Et de répondre à la question, tellement importante : « à quoi pourraient ressembler nos paysages, après l’effondrement du système industriel ?

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Aujourd’hui, l’accélération des crises environnementales, sociales et économiques permet de dégager une certitude : notre avenir n’est pas linéaire.
Une hypothèse désormais réaliste est celle d’un effondrement systémique global  dans  les  prochaines  années.  Sur  base  de  cette  hypothèse,  par  une  approche globale et interdisciplinaire, ce document tente de modéliser un scénario de résiliences territoriales. Et de répondre à la question, tellement importante : « à quoi pourraient ressembler nos paysages, après l’effondrement du système industriel ? »

Mots-clés  : collapsologie, effondrement, Anthropocène, Transition, descente  énergétique,  décroissance,  changement  climatique,  résilience,  approche systémique, bande dessinée.

Le fil conducteur du travail est le suivant :
• Chapitre 2. Construction et défense de l’hypothèse d’un certain type d’effondrement
• Chapitre 3. Éléments de réponse à un effondrement par la résilience
• Chapitre 4. Construction d’un scénario prospectif, une modélisation visuelle en bande dessinée basée sur l’hypothèse de départ
• Chapitre 5. Approche complémentaire par thématiques
• Chapitre  6.  Approche  complémentaire  par  synthèse
• Chapitre 7. Conclusion

Paysages résilients. Approche systémique du territoire post-effondrement. 2017-08-08_23h55_20

S’il existe déjà d’innombrables travaux scientifiques et éléments  de  réponses  concrètes  à  nos  crises  (théories  d’urbanisme,   maison   passive,   économie   circulaire,   agroécologie, etc.), ces travaux sont toutefois rarement raccordés entre eux, et souvent limités à une discipline et  à  un  public  précis  (ingénieur,  architecte,  urbaniste,  agronome).  L’objectif  de  ce  travail  est  d’imaginer  une  approche  globale  et  systémique  construite  de  ces  solutions, sans entrer dans des considérations trop techniques.  Ce  type  d’approche,  souvent  négligé  dans  les  travaux scientifiques, est pourtant indispensable pour conserver la cohérence d’un système

Il  s’agit  aussi  de  mettre  en  images  un  paradigme  souvent approché mais rarement décrit, à l’heure où nous avons  plus  que  jamais  besoin  de  rêver  de  nouvelles  utopies.  Imaginer  un  scénario  prospectif  est  bien  sûr  un défi de taille, qui fait appel à une immense quantité de questions : comment s’y comportent les valeurs économie,  écologie,  démographie,  société...  ?  Un  système  est  bien  sûr  tout  cela  à  la  fois.  C’est  un  puzzle  global  qui doit faire tenir ensemble quantité de pièces très différentes.  Le  paysage,  par  définition  pluridisciplinaire,  est  peut-être  une  approche  intéressante  pour  aborder  un  nouveau  système.  Toutefois,  il  est  certain  que  ce document amènera beaucoup plus de questions que de réponses. Il  est  bien  sûr  illusoire  de  penser  pouvoir  dessiner  un  système  global  qui  s’applique  à  l’ensemble  des  territoires,  tant  la  disparité  de  ceux-ci  est  grande.  Autant  l’hypothèse  d’un  effondrement  global  se  basera  sur  l’identification  de  problématiques  mondiales,  autant,  pour  l’élaboration  d’hypothèses,  nous  nous  baserons
sur les conditions de l’Europe de l’Ouest. Ce qui reste, bien  sûr,  un  territoire  vaste  et  irrégulier,  mais  assez  homogène  pour  parler  de  réseaux  et  de  paysages  à  l’échelle  de  la  biorégion.  Le  scénario  prospectif  décrit  sera celui d’une vision à moyen/long terme, à l’horizon 2050-2100,  alors  qu’une  résilience  globale  permet  de  commencer  à  récupérer  d’une  période  d’effondrement  finissante. Le paysage dont on parle est une transcription mentale et  culturelle  des  communautés,  du  territoire,  et  de  la  relation  étroite  qui  les  lie  dans  une  période  de  changements.

LE CONCEPT DE RÉSILIENCE

Le   concept   de   résilience   connaît   un   récent   essor dans  les  publications  scientifiques,  et  dans  différents domaines, tels que la psychologie. En écologie, la résilience désigne « la capacité d’un système à absorber un changement perturbant et à se réorganiser en intégrant ce changement, tout en conservant la même fonction, la même structure, la même dentité et les mêmes capacités de réaction. »

1 Pour  un  système  humain  tel  qu’une  ville,  on  pourrait  préciser  :  «  l’aptitude  d’un  système  à  poursuivre  son  existence,  à  maintenir  sa  structure  tout  en  intégrant  des transformations, voire à susciter les mutations qui lui permettront de continuer à exister »

2 Le  concept  de  résilience  ne  prend  sens  que  lorsqu’on  le  met  en  relation  avec  un  risque  donné  (résilient  par  rapport  à  quoi  ?).  Ici,  on  considèrera  principalement  
une  résilience  systémique  générale  par  rapport  aux  conditions  citées  au  chapitre  précédent  (pic  pétrolier,  limites planétaires, etc.) Dans   le   cas   d’une   communauté   humaine,   il   s’agit   de  leur  habilité  à  trouver  des  moyens  de  se  remettre  d’une crise, notamment énergétique ou alimentaire, en adaptant  leur  fonctionnement  interne  et  leur  gestion  du  territoire.  On  parle  de  résilience  communautaire  (dans le sens anglo-saxon du terme : « sociale »), locale ou  territoriale.  Les  facteurs  de  bonne  résilience  d’une  
communauté sont les suivants :

1 La capacité d’une communauté à prendre ou modifier des décisions qui la concernent. La démocratie et l’engagement local y sont primordiaux.
2 La  capacité  d’une  communauté  à  apprendre  et  à  s’adapter, notamment grâce à une éducation diversifiée.
3. La nécessité pour des communautés résilientes de planifier  leur  design  de  manière  intentionnelle  et  collective

Par ailleurs, «  La  résilience  est  un  attribut  inhérent  et  dynamique   d’une   communauté.   Il   est   possible   d’en   suivre l’évolution (amélioration ou dégradation) ou
de l’évaluer dans l’absolu.  
• L’adaptabilité    est    au    cœur    de    la    résilience.  
• L’adaptation peut intervenir en réponse ou en prévision d’une perturbation.
• L’adaptation doit conduire à une amélioration de la communauté  (trajectoire  positive)  par  rapport  à  la  situation d’adversité.
• La résilience d’une communauté devrait être définie de telle manière qu’il soit possible d’estimer sa capacité  à  se  remettre  après  une  période  d’adversité. Cela permettrait aux communautés d’évaluer leur  propre  résilience  et  d’envisager  des  actions  pour l’améliorer si nécessaire. »

Un système humain, à l’image d’un système biologique, gagne en résilience grâce à plusieurs caractéristiques :
1. La  diversité  de  ses  fonctions,  des  ressources,  des  stratégies  développées,  grâce  à  laquelle  une  perturbation  n’affectera  pas  toutes  les  fonctions  du  système ;
2. La modularité de ses fonctions, ou la nature de leur [24] interrelation, grâce à laquelle un modèle s’auto-organise pour protéger les fonctions non-perturbées en les isolant des fonctions perturbées ;
3. Les rétroactions directes du système, soit la visibilité d’une perturbation et sa prise en compte par le  système.  Dans  notre  système  globalisé  et  centralisé, les boucles de rétroaction s’allongent, donc les  perturbations  sont  moins  souvent  détectées  à  temps.  Par  exemple,  l’export  de  nos  déchets  ou  le  rejet de gaz à effet de serre ont des effets indirects qui  ne  se  font  sentir  ni  immédiatement  ni  localement

« Un homme est riche des choses dont il sait se passer.»
.Henry David Thoreau, philosophe

LES INITIATIVES DE TRANSITION, UNE SOLUTION CHOISIE ?
Les Initiatives de Transition sont un mouvement, lancé en 2006 par Rob Hopkins, qui fait de la résilience locale son fer de lance.Tout part de la mise en relation de deux problématiques,
celle  du  changement  climatique  et  celle  de  la  dépendance  au  pétrole.  Hopkins  souligne  que  notre  société  se  trouve  dans  un  état  de  dépendance  totale  envers  cette  ressource.  Or,  le  pétrole  et  ses  dérivés  viennent  à  manquer  car  les  réserves  mondiales  atteignent  leur  pic. Après un examen rapide, il s’avère qu’aucune autre combinaison  d’énergies  alternatives  ne  pourra  nous  assurer  une  production  qui  répondra  à  la  demande  mondiale  (sans  parler  de  leurs  coûts  environnementaux). Les prix vont donc grimper énormément, ne permettant plus à nos sociétés de conserver leur mode de vie actuel. De là, les scénarios possibles vont bon train, d’une  descente  énergétique  forcée  à  l’effondrement  global. Rob  Hopkins  propose  de  voir  le  pic  pétrolier  non  pas  comme la fin d’un âge d’or mais comme une opportunité de limiter le changement climatique et comme un moyen  unique  pour  les  populations  de  retrouver  leur  résilience  locale.  Cela  passe  par  une  décentralisation  des  systèmes  économiques  dépendants  du  pétrole  au
profit  de  circuits  courts,  d’une  frugalité  choisie,  d’une  organisation  du  territoire  en  fonction  des  ressources  locales, pour atteindre des sociétés non pas autarciques ou  isolationnistes,  mais  bien  capables  de  subvenir  seules  à  leurs  besoins  vitaux.  Les  notions  de  décroissance et de permaculture y sont sous-jacentes.
A  la  différence  de  beaucoup  de  mouvements  d’écologie  radicale  qui  cherchent  à  impulser  un  changement  à  l’échelle  gouvernementale  ou  individuelle  par  un  discours   alarmiste,   Hopkins   s’adresse   plutôt   à   des   communautés  humaines  en  leur  proposant  une  idée  séduisante  de  ce  que  serait  ce  monde  résilient.  Là  où  la  vision  à  court-terme  d’un  politicien  rend  complexe  une  intervention  top-down (un  politicien  annonçant  des mesures pour prévenir un effondrement provoquerait d’ailleurs des mouvements de panique précipitant celui-ci),  un  mouvement  bottom-up plébiscité  par  le  peuple pourrait engranger en réaction des nécessaires politiques  nationales  et  internationales.  Les  bénéfices  de cette métamorphose seraient par extension sociaux et environnementaux.
En  théorie,  un  territoire  en  transition  présente  les  caractéristiques suivantes :

Alimentation et agriculture
• Disparition des intrants de synthèse et diminution de la mécanisation
• Circuits courts et cycliques
• Grande  diversité  des  cultures,  développement  des  synergies

Finalement,   c’est   un   renversement   d’un   système   agroindustriel  intensif  à  faible  rendement  et  haute  rentabilité, à un système agroécologique intensif à haut rendement et faible rentabilité. Pour caricaturer, il s’agit de remplacer quelques fermiers et beaucoup d’essence par beaucoup de nouveaux agriculteurs armés de pratiques de permaculture et de traction animale.

Économie et métiers
• La  descente  énergétique  suppose  ce  que  Hopkins  nomme la « Grande Requalification », soit revenir à des savoirs sociétaux pluriels et élémentaires tels que  le  travail  manuel,  l’agriculture...  là  où  nous  sommes  aujourd’hui  hyperspécialisés,  donc  dépendants et fragiles.
• Selon cette logique, en termes d’emplois, le secteur primaire   redeviendrait   dominant.   D’autre   part,   le  secteur  secondaire  reprendrait  aussi  une  importance  capitale,  étant  donné  que  les  produits  manufacturés,  aujourd’hui  importés  en  masse,  ne  pourraient  plus  être  acheminés  avec  autant  de  facilité.  Le  secteur  tertiaire  serait  quant  à  
lui bien moins important qu’il ne l’est aujourd’hui.
• La  décentralisation  de  l’emploi  verrait    naître    de    nombreux    Systèmes    d’Échange    Locaux,    soit  des  monnaies  complémentaires  autour  d’une  région.  Le  commerce    à    grande    échelle    subsisterait     pour     augmenter     la   qualité   de   vie,   mais   dans   une   moindre   mesure   et   grâce   à  des  moyens  de  transport  peu  gourmands  en  énergie  (bateaux  à   voile,   transport   ferroviaire,   traction animale).

Le mouvement des Initiatives de Transition, lancé vers 2009,  ne  cesse  de  s’étendre  depuis  :  on  compte  aujourd’hui  quelques  dizaines  d’Initiatives  lancées,  surtout  dans  le  monde  anglophone.  Le  mouvement  croît  plus  vite  chaque  année,  et  de  très  nombreuses  autres  initiatives vont dans ce sens avec des idées similaires.Avec du recul, les Initiatives de Transition constituent un  très  bon  moyen  d’action  qui  intègre  une  réflexion  psychologique  pour  initier  un  changement  de  la  part  des  populations,  et  l’objectif  visé  (zéro  pétrole,  résilience des populations) est plus ambitieux et abouti que celui de développement durable (un terme aujourd’hui dénué de sens, voire subversif).
Le  défi  d’une  Transition  globale  et  systémique  peut  sembler  colossal.  En  termes  d’énergie,  un  plein  d’essence équivaut à quatre années de travail humain. La consommation  d’énergie  d’un  occidental  équivaut  à  celle que produiraient 100 personnes pédalant frénétiquement pour actionner des turbines (ce qu’on appelle généralement  les  «  esclaves  énergétiques  »).  Se  passer  d’un  tel  niveau  de  vie  est  devenu  un  véritable  abîme  psychologique et systémique.

D’autre part, la partie est loin d’être gagnée. Ce modèle, dans ses applications pratiques, n’en est   qu’à   ses   balbutiements,   dans  les  conditions  favorables  de  petites  villes préparant  leur  transition  au  sein d’un monde où le pétrole existe encore.  En  dehors  de  ce  cadre,  la  Transition   se   propage   lentement.   Cette transition se veut choisie, mais dans  les  faits  il  est  plus  probable  qu’elle   soit   principalement   induite   par  l’accélération  des  crises  et  des  dynamiques  d’effondrement.  Une  «  bouée de sauvetage » ou un « phare »   qui   pourrait   préparer   quelques   communautés  à  une  meilleure  résilience,  mais  sans  doute  pas  éviter  l’effondrement  d’un  système  global  qui, lui, n’est pas préparé.
Dans les faits, des crises importantes, voire  un  effondrement,  sont  généralement  plus  à  même  de  développer  une  résilience  locale  et  spontanée,  par la force de la nécessité. Il peut être pertinent d’aborder quelques exemples.

LA RÉSILIENCE IMPOSÉE
En  période  de  crise,  un  gouvernement  éclairé  est  capable  de  prendre  des  mesures  drastiques  et  efficaces  pour   améliorer   la   résilience   nationale.   En   atteste   l’exemple  de  l’Angleterre  dans  les  années  39-45.  En  réaction à la guerre mondiale et aux futures coupures d’approvisionnement, le gouvernement a mis en place une  série  de  mesures préventives  pour  augmenter  les  surfaces  cultivées  et  optimiser  la  production.  Celle-ci  augmenta  de  91%,  notamment  grâce  à  des  formations  en  maraîchage  dispensées  à  un  grand  nombre  de  citoyens.  Les  jardins,  mais  aussi  les  parcs  publics,  universités,  furent  investis  par  les  familles,  les  ouvriers  pendant leur temps libres, et surtout les femmes, pour faire  pousser  des  légumes.  Cette  production,  en  1942,  représentait  10%  de  la  consommation  alimentaire  du  pays, le reste étant assuré par les agriculteurs et ce qu’il restait  d’importation.  Les  denrées  alimentaires  furent  rationnées, menant à une diminution de la consommation de viande. Ce rationnement équitable mena à une diminution  du  gaspillage  et  de  la  consommation  des  plus nantis, tandis que les plus pauvres furent favorisés.  La  santé  nationale  n’avait  jamais  été  aussi  bonne.  

Le gouvernement a mit aussi en place des mesures pour augmenter  les  stocks  de  matières  premières,  et  promouvoir la frugalité. Le pétrole aussi fut rationné petit à petit, menant à une diminution de 95% de l’utilisation de la voiture individuelle

6. Aux États-Unis d’Amérique et en Europe, d’immenses campagnes gouvernementales similaires firent la promotion  du  maraîchage  chez  les  particuliers  pendant  
les grandes périodes de récession du XXe siècle (« War Gardens  »  pendant  la  Première  Guerre  mondiale  ;  «  Victory Gardens » pendant la seconde ; « Subsistance Gardens  »  pendant  les  années  30).  Des  millions  de  jardins  se  développèrent  spontanément  pour  aider  à  l’effort  de  guerre  ou  améliorer  la  sécurité  alimentaire  des villes.
Pour  peu  qu’un  gouvernement  se  maintienne  et  prévoie  une  situation  de  crise,  il  peut  très  bien  favoriser  des politiques d’amélioration de la résilience nationale.

SCÉNARIO D’UN PAYSAGE RÉSILIENT
L’objectif  du  chapitre  est  de  modéliser  un  scénario  de  système entier (du moins ses grandes lignes), basé sur une série d’hypothèses (celles du chapitre 2.4) et d’intégrer la notion de résilience dans des représentations de paysages.

L’objectif  du  chapitre  est  de  modéliser  un  scénario  de  système entier (du moins ses grandes lignes), basé sur une série d’hypothèses (celles du chapitre 2.4) et d’intégrer la notion de résilience dans des représentations de paysages.

Ce chapitre se veut aussi être un outil de communication  des  notions  de  résilience  et  d’effondrement  avec  plusieurs types de publics :

• Pour  le  grand  public,  il  est  urgent  de  préparer  les  consciences  à  la  perspective  d’un  effondrement  :  le  processus  psychologique  du  deuil  d’un  système  peut représenter une période longue et contre-productive pour un individu. Or, la construction d’un imaginaire  post-effondrement  viable,  voire  souhaitable,  constitue  un  élément  important  pour  la  
résilience psychologique d’une personne.
• Pour les élus et politiques, qui ont besoin d’études et de modèles, il s’agit de présenter un scénario non pas  linéaire  et  précisément  chiffré  comme  à  l’accoutumée,  mais  un  modèle  systémique,  complexe  et  discontinu.  En  effet,  il  est  urgent  d’intégrer  la  notion  de  résilience  dans  la  prise  de  décisions,  et  de  préparer  une  transition  globale  qui  intègre  la  possibilité de chocs et de ruptures.
• Pour  les  experts  et  professionnels,  cette  vision  systémique  tente  de  décloisonner  les  approches  ponctuelles  d’une  problématique  précise  pour  favoriser  la  complémentarité  des  solutions  à  mettre  en œuvre.

POURQUOI EN BANDE DESSINÉE ?

La bande dessinée n’est pas seulement le neuvième art, elle est aussi devenue un média innovant sans cesse en styles (notamment la BD documentaire) et en supports (web  BD,  etc).  Cette  liberté  de  forme,  couplée  à  une  mise en œuvre relativement simple et peu coûteuse, en fait  un  support  efficace  de  communication  visuelle  et  narrative.  Son  application  au  monde  universitaire  est  pourtant récente. Dans le cadre de ce travail, la BD se justifie de plusieurs manières :
• C’est  un  média  idéal  pour  reproduire  une  vision  systémique : en situant une histoire scénarisée en immersion  dans  un  univers  fictif  mais  cohérent,  l’ensemble  des  informations  de  premier  ou  de  second plan contribue à une compréhension intuitive rapide et globale du système.
• La   trame   narrative   permet   de   relier   des   vues   simples  (plus  d’une  centaine  de  cases  comportant  des  paysages  composés)  en  un  ensemble  cohérent  :  la  narration  en  séquences  permet  de  se  déplacer  dans l’espace et dans le temps, en faisant agir des facteurs dynamiques sur un milieu. Dans le cas de l’aménagement  du  territoire,  cela  permet  en  plus  de  regrouper  et  de  faire  interagir  des  solutions  concrètes souvent présentées isolément.
• La BD peut être un puissant outil de vulgarisation, la  compréhension  d’un  concept  étant  facilitée  par  son  association  systématique  à  une  image.  De  ce  fait, une BD est un document accessible à un large public, et permet de développer facilement un imaginaire.
• La  BD  permet  des  modes  de  représentation  très  compatibles  avec  le  projet  de  paysage  :  la  traduction   graphique   d’un   projet   d’aménagement   du   territoire peut parfaitement s’intégrer dans une BD scénarisée.

Ci-dessous quelques exemple des planches :
Paysages résilients. Approche systémique du territoire post-effondrement. Captur13

Paysages résilients. Approche systémique du territoire post-effondrement. Captur11

Paysages résilients. Approche systémique du territoire post-effondrement. Captur12


Plus d'info sur la méthodologie, l'intégralité des planches etc,... : https://matheo.uliege.be/bitstream/2268.2/3104/3/Pierre%20Lacroix%20PAYSAGES%20RESILIENTS%202017.pdf
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le Lun 6 Mai - 9:13
Après l'Effondrement EP1 : Urbain ou Rural ?

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